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Guide à l'usage de l'observateur
d'occultations stellaires par les astéroïdes
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L'instrument Grossissement
(méthode visuelle) |
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Le
capteur |
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La
base de temps |
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| L'horloge
parlante = excellente base Disponible depuis le 3699, l'horloge parlante de l'observatoire de Paris est en fait un ensemble de 4 horloges atomiques contrôlées par un comparateur. Les tops qu'elle dispense sont précis à mieux que 20ms près sur l'ensemble du territoire français métropolitain. Elle doit impérativement être consultée depuis un téléphone filaire classique (fixe ou cabine téléphonique). La téléphonie mobile est à proscrire totalement (ainsi que la téléphonie sans fil et la téléphonie numérique) à cause des délais variables inhérents à ce type d'appareils. A noter que les tops diffusés chaque heure sur France Inter GO sont utilisables : ce sont ceux de l'horloge parlante. |
![]() Les 4 horloges atomiques situées à l'observatoire de Paris (crédit : LPTF/P. Blondé) |
| L'heure
GPS On utilise ici l'heure des horloges atomiques embarquées sur chaque satellite de la constellation GPS. Il existe 2 grands types de récepteurs, très différents en terme de qualité : |
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Le GPS OEM 1PPS = excellente base
: avec ce type de récepteur, la détermination du temps se fait
tout d'abord par la lecture d'une chaîne de caractères (appelée NMEA)
reçue des satellites, et qui contient entre autres informations, la date
et l'heure. Une fois la date et l'heure récupérée,
le récepteur se synchronise toutes les secondes
sur un top, le one Pulse Per Second (1PPS), précis à la microseconde.
Une correspondance parfaite avec l'heure GPS est ainsi assurée. Ces récepteurs OEM n'ont pas d'écran (donc pas de délai d'affichage), ce sont des boitiers fermés sans rien d'apparent si ce n'est un câble équipé d'une prise DB9 ou RJ45. |
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| Il faut donc les brancher sur un appareil qui récupère le signal et sache le lire (un incrustateur vidéo par ex.), évidemment sans ruiner la précision par un temps de traitement inadéquat. | |
| - Le
GPS de poche à affichage = base peu fiable : ce sont les
GPS de randonnée que l'on trouve un peu partout. La détermination
du temps se fait ici uniquement par lecture de la chaîne NMEA. Ces GPS
n'utilisent pas le signal 1PPS et ne sont donc pas synchronisés
avec précision. On observe systématiquement un retard dans l'heure affichée : d'abord parce qu'il faut un certain temps au récepteur pour interpréter les informations de la chaîne NMEA, ensuite parce que l'affichage proprement dit de l'heure, sur l'écran du GPS, demande du temps. |
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| Dans la pratique, l'utilisation d'un tel GPS est parfois possible pour dater une occultation si le retard du GPS a été mesuré (par de nombreuses comparaisons avec l'horloge parlante étalées dans le temps), et que l'on constate qu'il est constant, propriété qui semble varier fortement selon les modèles. Ex : le GPS12 de Garmin a un retard de 0.43s +/- 0.05s, mais "la plupart du temps" seulement ! :). D'autres GPS ont des retards catastrophiques et très variables. | |
| Les
signaux horaires radio Bon nombre de signaux horaires, issus d'horloges atomiques, sont émis par radio dans le monde. Prenons le cas de l'émetteur DCF77, souvent utilisé en Europe par les observateurs d'occultations. Situé à Mainflingen, à côté de Francfort (Allemagne), il émet en grandes ondes sur 77.5kHz avec une portée de 2000km. On peut citer également les émetteurs HBG en Suisse sur 75kHZ, ou MSF en Angleterre sur 60kHz. Le signal DCF77 est composé d'impulsions de 100 ou 200ms émises chaque seconde. A la seconde 59 de chaque minute, il n'y a pas d'impulsion. Les 2 différentes durées d'impulsion permettent un codage binaire des informations (minute, heure, jour, jour de la semaine, mois, année) sur 59 bits chaque minute. Là encore, on va différencier 2 types de récepteurs : |
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| - Le récepteur permanent = excellente base : il s'agit d'un récepteur, seul ou avec décodeur intégré, qui reçoit en permanence le signal DCF77. De tels modules de réception se trouvent en kit dans les magasins d'électronique. Soit on utilise un récepteur seul, on écoute ou on enregistre alors directement les impulsions et on se débrouille pour identifier les minutes à chaque impulsion manquante (la 59ème), soit on utilise un décodeur qui récupère la date et l'heure. | |
| - Le récepteur intermittent = base utilisable avec précaution : il s'agit des nombreux réveils, pendules ou pendulettes radiopilotés... mais qui n'interrogent le DCF77 qu'une fois par heure ou par jour. Dans l'intervalle, c'est le quartz de la pendule, généralement de mauvaise qualité, qui maintient l'heure. Il est donc indispensable avec ce genre de pendule de forcer la synchronisation peu de temps avant l'observation (en enlevant les piles par ex.). | ![]() |
| A noter que Bernard Christophe et Thierry Midavaine (Club Eclipse - Paris) ont mesuré un retard de 20 à 50ms de l'heure DCF77 sur l'heure GPS, en comparant des récepteurs de qualité. Les récepteurs des différents signaux horaires sont manifestement connus pour avoir de tels délais (entre 22 et 62ms d'après la circulaire EAON #5, R. Dusser, 2002). On pourra donc corriger les mesures si on connaît la valeur du retard associé à l'émetteur utilisé. | |
| La
mise à l'heure par NTP La mise à l'heure par internet via le protocole NTP (Network Time Protocol) ou sa version simplifiée SNTP (Simple NTP) recouvre une palette de situations extrêmement variées faisant appel à différentes méthodes de synchronisation. Voici 2 cas de figure diamétralement opposés : - un observatoire professionnel utilisant le protocole NTP sur un réseau fixe équipés de plusieurs horloges en local et d'une procédure de synchronisation continue : la précision de mise à l'heure est excellente. - un astronome amateur utilisant le protocole SNTP sous Windows via internet avec une synchronisation ponctuelle sur une seule horloge à grande distance (Dimension4, Tardis, NetTime...) : la précision de mise à l'heure est infiniment plus hasardeuse. Linux s'en tire beaucoup mieux quant à la gestion de l'heure en interne, mais l'incertitude inhérente à la procédure utilisée est la même. En conséquence, la mise à l'heure par NTP n'est pas recommandée pour l'observateur d'occultations, avec l'architecture réseau et logicielle qu'il a habituellement à sa disposition. |
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| Autres
bases de temps D'autres bases de temps sont parfois trouvées dans les rapports d'occultations. C'est le cas de l'affichage horaire télétexte des différentes chaînes de télévision. Des tests montrent une extrême variabilité d'une chaîne à l'autre, ainsi qu'une instabilité de la qualité du service pour une chaîne donnée. A éviter donc. D'une manière générale, on s'aperçoit que les bonnes bases de temps ont toujours en commun une synchronisation permanente sur la ou les horloges atomiques de référence, associée à un transport rapide et stable de l'information. |
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| L'enregistrement Le principe d'une mesure d'occultation consiste à réunir, sur un même enregistrement, les événements et le temps absolu. Selon la méthode utilisée, l'enregistrement se fera sur un chronomètre, une bande audio, une bande vidéo, un ordinateur, etc. L'insertion des événements et des références de temps peut être humaine (chronomètre, tops vocaux) ou automatique (enregistrement audio, vidéo ou CCD). Attention, ce n'est pas parce qu'une insertion est automatique (notamment en ce qui concerne la datation) qu'elle est forcément de bonne qualité. Il vaut parfois mieux une insertion humaine dont on peut aisément estimer la précision, qu'une insertion automatique mettant en jeu un trop grand nombre d'éléments dont on aura toutes les peines du monde à mesurer l'incertitude globale. De plus, tout enregistreur étant affecté d'une dérive, on devra mesurer cette dérive pour apporter une correction si elle n'est pas négligeable, ou alors la rendre sans importance en insérant des références de temps suffisamment souvent dans l'enregistrement. L'enregistrement sera démarré environ 5 minutes avant l'heure prévue pour l'occultation, et poursuivi jusque 5 minutes après, même en cas d'occultation positive. L'utilité de cet intervalle de surveillance est de scanner l'espace à l'avant et à l'arrière de l'astéroïde dans l'hypothèse de l'observation d'un événement secondaire (satellite d'astéroïde). Aujourd'hui, l'événement principal est généralement prédit avec une précision inférieure à 10 secondes, s'il bénéficie d'une mise à jour (update). |
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